Cerveau à bord

Votre cerveau est la caractéristique de sécurité la plus importante de votre véhicule.

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L’alcool au volant

Vous avez quitté depuis peu le domicile d’un parent après un repas et vous vous trouvez à mi-chemin du court trajet vous menant à la maison.

Vous avez de la difficulté à demeurer dans votre voie et vous pensez que les deux verres que vous avez bus avant de partir pourraient avoir un effet sur votre capacité à conduire. La circulation étant légère, vous accélérez un peu en parcourant les routes sinueuses de votre quartier pour arriver plus rapidement à la maison. Dans un virage, le klaxon d’une voiture arrivant en sens inverse vous fait comprendre que vous conduisez au beau milieu de la route. Vous donnez un coup de volant pour revenir dans votre voie, mais vous tournez trop. Vous aboutissez dans une voiture stationnée en bordure de la rue. Les pare-chocs des deux véhicules sont visiblement endommagés. Le propriétaire du véhicule sort de chez lui tandis que vous vous extrayez de votre véhicule en titubant. Il vous demande des explications sur ce qui s’est produit.

En 2023, dans le cadre d’un sondage d’opinion publique mené par la Fondation de recherche sur les blessures de la route (FRBR), 7,5 % des conducteurs canadiens ont affirmé qu’ils seraient susceptibles ou très susceptibles de conduire après avoir bu en sachant que leur véhicule est muni de dispositifs de sécurité modernes. Ce résultat est encore plus préoccupant si l’on se penche exclusivement sur les répondants du Québec et de l’Ontario, puisque 16,6 % et 9,5 %, respectivement, des conducteurs de ces provinces ont déclaré qu’ils prendraient probablement le volant d’un véhicule pourvu de dispositifs de sécurité après avoir consommé de l’alcool. Malgré de vastes campagnes contre l’alcool au volant, les conducteurs aux facultés affaiblies demeurent surreprésentés dans les collisions mortelles. Non seulement la consommation d’alcool compromet sérieusement la sécurité routière, mais elle empêche aussi les conducteurs aux facultés affaiblies d’utiliser efficacement les dispositifs de sécurité de leur véhicule.

L’expression « alcool au volant » fait référence à la conduite d’un véhicule après avoir consommé de l’alcool, peu importe la quantité. Toutefois, pour fournir des directives claires quant aux effets de l’alcool sur les aptitudes de conduite, les sanctions imposées aux conducteurs fautifs font l’objet de distinctions en fonction du risque.

Pour dépasser la limite de consommation d’alcool en vertu de la loi fédérale, un conducteur doit présenter une alcoolémie (concentration d’alcool dans le sang) égale ou supérieure à 0,08. En d’autres termes, on considère donc qu’un conducteur conduit avec des facultés affaiblies si son sang contient 80 mg d’alcool par 100 ml de sang. Les provinces et territoires fixent aussi des limites supplémentaires et imposent alors des sanctions administratives, soit 0,04 en Saskatchewan et 0,05 dans la plupart des autres provinces et territoires (sauf au Québec, où il n’y a aucune sanction liée à une alcoolémie inférieure à 0,08). Ainsi donc, tout conducteur présentant une alcoolémie de 0,05 dans une province qui applique cette limite s’expose aux sanctions prévues dans la loi provinciale afférente. De plus, bon nombre de provinces ont mis en œuvre une politique de tolérance zéro pour les jeunes et les nouveaux conducteurs. Pour de plus amples renseignements sur ces politiques, veuillez consulter le Centre de ressources pour jeunes et nouveaux conducteurs de la FRBR au yndrc.tirf.ca.

Oui. Il n’est pas obligatoire de dépasser la limite d’alcoolémie fédérale ou provinciale pour faire l’objet d’accusations de conduite avec facultés affaiblies. On peut avoir les facultés affaiblies avec une alcoolémie inférieure à cette limite. Le risque de collision grave associé à une basse alcoolémie est moindre, mais il est tout de même supérieur à celui associé à un conducteur qui n’a pas bu. Une alcoolémie de 0,03 augmente le risque de collision grave de 2 à 3 fois, alors qu’un taux de 0,05 accentue ce risque de 6 à 17 fois (FRBR, 2010).

Il est difficile de prédire la réaction de chacun à l’alcool. Le poids, la composition corporelle (c.-à-d. le pourcentage de graisse ou d’eau), les habitudes de sommeil, l’humeur et la consommation d’aliments sont tous de facteurs qui influencent l’alcoolémie d’une personne. En général, il faut jusqu’à deux heures au corps pour métaboliser le contenu d’une seule consommation. Par conséquent, toute boisson alcoolisée que consomme quelqu’un avant de conduire peut avoir des effets dès qu’il s’assoit derrière le volant. Étant donné le grand nombre de variables et de circonstances pouvant avoir un effet sur le degré d’affaiblissement des facultés, la meilleure solution consiste à éviter purement et simplement de conduire après toute consommation d’alcool.

L’alcool au volant a des effets bien connus sur la sécurité routière. Un conducteur en état d’ébriété doit composer avec plusieurs limitations : erreurs grossières au volant, conscience réduite de son environnement et, plus globalement, une propension accrue à prendre des décisions dangereuses. Plus ses facultés sont affaiblies, plus il risque d’y avoir une collision. Des études ont confirmé que même la conduite avec une petite quantité d’alcool dans le sang augmente fortement le risque de collision (Blomberg et coll., 2009 ; Garrisson et coll., 2022). Chaque consommation prise peut ralentir les réactions d’une personne, sans oublier les autres effets nuisibles de l’alcool, comme la somnolence, la diminution de l’attention, le ralentissement du traitement de l’information et même une vision trouble. Les résultats inévitables d’une conduite sous l’emprise de l’alcool sont les collisions et les décès.

En 2021, au Canada, une collision mortelle sur quatre (26,5 %) impliquait un conducteur en état d’ébriété (Barrett et coll., 2023). Le nombre de personnes qui ont perdu la vie dans des collisions causées par des conducteurs aux facultés affaiblies de 1996 à 2021 a diminué dans l’ensemble, passant de 875 à 391 décès (une baisse de 55 %) (Barrett et coll., 2023).

Au cours des 25 dernières années, des progrès sans précédent ont été réalisés quant à la réduction du nombre de conducteurs aux facultés affaiblies sur la route et de collisions dans lesquels ceux-ci étaient impliqués. Les éthylotests antidémarrage installés ont réduit d’environ 70 % les cas de conduite avec les facultés affaiblies. Il s’agit là d’une mesure efficace pour empêcher les conducteurs en état d’ébriété de rouler avec leur véhicule (CDC, 2022).

Les sondages d’opinion publique ont constamment démontré que l’ensemble de la population canadienne est préoccupée par l’alcool au volant en tant que problème pour la sécurité routière. Dans le sondage mené en 2023 par la FRBR, les trois quarts des conducteurs canadiens (75,5 %) ont mentionné que l’alcool au volant constituait un enjeu public préoccupant (Barrett et coll., 2023). Ces statistiques révèlent que les conducteurs canadiens prennent toujours la question de l’alcool au volant très au sérieux, mais le nombre de personnes ayant désigné la conduite en état d’ébriété comme étant un problème pour la sécurité routière semble être demeuré le même ou même avoir diminué au cours des dernières années. Le pourcentage de personnes considérant la conduite avec les facultés affaiblies comme un grave problème varie au fil du temps, mais il est globalement inférieur aujourd’hui aux niveaux observés durant la plupart des années antérieures (Barrett et coll., 2023). À titre d’exemple, en 2019, 80,7 % des Canadiens soutenaient que l’alcool au volant constituait un enjeu préoccupant. Les raisons de cette stabilisation nécessitent des analyses plus approfondies, mais il est indéniable que l’alcool au volant demeure une question prioritaire pour la population canadienne.

L’une des raisons expliquant l’efficacité des campagnes contre l’alcool au volant a été le déploiement d’efforts très visibles en matière d’application de la loi, ce qui a eu pour effet de sensibiliser les gens aux risques de la conduite avec les facultés affaiblies et de les dissuader de prendre le volant après avoir consommé de l’alcool. Au Canada, il existe actuellement des lois fédérales, provinciales et territoriales sur la conduite avec facultés affaiblies.

À l’échelon fédéral, le Code criminel du Canada (CCC) compte deux articles traitant de l’alcool au volant. L’article 320.14 considère la conduite d’un véhicule avec les facultés affaiblies par la drogue ou l’alcool comme une infraction, et l’alinéa 320.14(1)b) interdit l’usage d’un moyen de transport avec une alcoolémie égale ou supérieure à 0,08. En vertu du paragraphe 320.27(2), il est également considéré comme une infraction de refuser de fournir un échantillon d’haleine à un policier qui le demande ou de causer une collision due à l’alcool au volant et entraînant des blessures graves ou des décès.

Les gouvernements provinciaux et territoriaux sont chargés de délivrer les permis de conduire et ils ont le pouvoir de créer des infractions administratives et d’imposer des sanctions pour conduite en état d’ébriété dans le cadre de leurs lois respectives sur les véhicules automobiles. La presque totalité des provinces et territoires du Canada a choisi de fixer une alcoolémie plus basse, allant de 0,04 à 0,05. Autrement dit, les provinces et territoires sont en droit de suspendre le permis de conduire de toute personne présentant une alcoolémie inférieure à la limite criminelle de 0,08 et de lui imposer d’autres sanctions. Ainsi, aux sanctions pénales imposées par les tribunaux peuvent s’ajouter d’autres sanctions venant des organismes provinciaux ou territoriaux chargés de délivrer les permis de conduire. Elles comprennent souvent le retrait immédiat du permis de conduire au moment de la constatation de l’infraction, sa suspension administrative ainsi que d’autres sanctions de plus en plus sévères en cas de récidives.

Interrogés sur leurs habitudes de conduite après la consommation de toute quantité d’alcool au cours des 30 derniers jours, 13 % des Canadiens ont admis avoir pris le volant dans un tel état en 2023. De plus, 5,8 % des répondants ont reconnu avoir conduit en s’estimant au-delà de l’alcoolémie maximale au cours des 12 derniers mois (Barrett et coll., 2023). En 2022, des données provenant du Sondage sur la sécurité routière de TIRF USA ont révélé que 19,6 % des conducteurs avaient indiqué avoir pris le volant même s’ils estimaient dépasser la limite au cours des 12 derniers mois, et 9,7 % des répondants avaient reconnu conduire souvent ou très souvent leur véhicule avec les facultés affaiblies (Vanlaar et coll., 2023).

Les automobilistes coupables de conduite sous l’emprise de l’alcool partagent certaines caractéristiques, mais ne constituent pas un groupe homogène pour autant. En réalité, des personnes prennent rarement le volant après avoir consommé de l’alcool, alors que d’autres le font souvent. Certaines risquent peu de provoquer des collisions, alors que d’autres sont beaucoup plus dangereuses. Les conducteurs aux facultés affaiblies forment l’un des groupes de contrevenants les plus hétérogènes du système judiciaire : ils viennent de tous les horizons.

Les hommes sont encore majoritaires, mais l’alcool au volant chez les femmes est de plus en plus préoccupant. On trouve des conducteurs aux facultés affaiblies dans toutes les tranches d’âge, tous les niveaux d’études et toutes les catégories professionnelles. Le statut socioéconomique et les antécédents criminels de ces contrevenants sont également très variables. En vérité, ce problème comporte de multiples facettes et touche de nombreux segments de la population. Il faut donc disposer d’un large éventail de stratégies et de mesures de prévention pour établir une approche globale.

Chaque boisson alcoolisée consommée avant de prendre le volant réduit la capacité du conducteur à bien utiliser les dispositifs de sécurité de son véhicule. En effet, pour les utiliser de façon optimale, le conducteur doit interagir correctement avec son véhicule, ce que l’alcool rend pratiquement impossible. En effet, il ne suffit pas de freiner et de donner un coup de volant au bon moment (bien que cela soit assurément le cas). Il faut également avoir conscience de l’environnement extérieur, remarquer les changements des limites de vitesse, surveiller les voitures derrière et devant et reconnaître les dangers potentiels sur la route ou à proximité. C’est que l’on appelle la « vigilance ». Une combinaison de vigilance et de compétences de conduite est la meilleure façon de garantir la protection et l’efficacité maximales des dispositifs de sécurité.

Toutefois, chaque boisson alcoolisée consommée réduit la capacité d’une personne à jouer son rôle crucial de conducteur. À mesure que ses facultés diminuent, il lui est de plus en plus difficile de conserver le niveau de vigilance nécessaire pour éviter une collision. Parmi les effets courants d’un affaiblissement des facultés, il y a une désorganisation de la pensée, un traitement plus long des renseignements, la somnolence, une altération du jugement et des problèmes de perception. Ces effets compromettent gravement la vigilance.

Par ailleurs, l’alcoolémie perturbe fortement la coordination entre l’œil et la main ou le pied. Même si l’on remarque un danger sur la route, il devient de plus en plus difficile de l’éviter d’un coup de volant ou de frein.

Les dispositifs de sécurité d’un véhicule ne sont pleinement efficaces que si le conducteur possède toutes ses capacités. Peu importe leur degré de perfectionnement, ils ne pourront jamais remplacer le conducteur. Si celui-ci prend la décision de conduire sous l’emprise de l’alcool, il pourrait ne pas être en mesure d’interagir correctement avec son véhicule et les dispositifs de sécurité qui s’y trouvent.

Donnée inquiétante, 9 % des automobilistes canadiens interrogés en 2016 ont déclaré qu’ils seraient disposés à prendre le volant après avoir consommé de l’alcool puisque leur véhicule possède des dispositifs de sécurité (Robertson, Meister, et Vanlaar, 2016). Toutefois, étant donné que l’affaiblissement des facultés du conducteur réduit également l’efficacité potentielle des dispositifs de sécurité, une personne qui croit pouvoir conduire sous l’emprise de l’alcool parce que son véhicule dispose de tels dispositifs court en réalité plus de risques qu’un conducteur qui n’a rien consommé.

L’un des effets de l’alcool au volant est l’augmentation du temps de réaction, ce qui a de graves conséquences sur le fonctionnement des dispositifs de sécurité. Si vous freinez trop tard, les caractéristiques vous aidant à raccourcir la distance d’arrêt, comme l’assistance au freinage d’urgence et le répartiteur électronique de la force de freinage (REFF), auront moins de temps pour fonctionner. Si vous manipulez mal le volant, les dispositifs de sécurité ayant pour but de maintenir la stabilité et la maîtrise du véhicule, dont le système de freinage antiblocage (ABS) et le contrôle électronique de la stabilité (CES), pourraient devenir surchargés d’information et ne pas jouer efficacement leur rôle.

Outre l’augmentation du temps de réaction, l’alcool nuit également à la coordination et au traitement de l’information. Le conducteur n’aura plus la même capacité à réagir aux indications de collision imminente ou de changement de voie accidentel. Enfin, les avantages des dispositifs de sécurité conçus pour améliorer la visibilité sont atténués par la diminution de l’acuité visuelle attribuable à l’alcool.

L’alcool au volant a fait l’objet de nombreuses recherches et d’importants programmes de sensibilisation. À ce titre, il existe un large éventail de ressources disponibles pour bien saisir la portée du problème et mieux le comprendre tel qu’il se présente aujourd’hui ou qu’il se manifestait dans le passé. La FRBR mène des recherches sur l’alcool au volant au Canada depuis plus de 60 ans. Elle s’est imposée en tant que chef de file dans ce domaine. Chaque année, elle publie le Sondage sur la sécurité routière, qui a pour but de connaître l’opinion publique sur l’alcool au volant. Ce sondage évalue également le degré de sensibilisation du public à la gravité du problème ainsi que le nombre d’automobilistes canadiens admettant avoir conduit après avoir consommé de l’alcool. En plus de ce sondage, la FRBR administre la Base de données nationale sur les collisions mortelles, où sont consignées les collisions dues à l’alcool survenues au Canada. La FRBR a également joué un rôle prépondérant dans l’évaluation de l’efficacité des diverses mesures prises pour lutter contre l’alcool au volant, et plus particulièrement les sanctions administratives, les éthylotests antidémarrage et les cours de conduite correctifs comme condition de rétablissement du permis. Enfin, le programme Sober Smart Driving de la FRBR continue d’informer les conducteurs sur les effets de l’alcool, l’ampleur du problème de l’alcool au volant au Canada et les conséquences de la conduite avec facultés affaiblies. Ces rapports et bien d’autres documents sont accessibles sur les sites Web de la FRBR frbr.ca et sobersmartdriving.tirf.ca (en anglais seulement).

La FRBR a collaboré avec d’autres grands acteurs de la sécurité routière pour accentuer la lutte contre l’alcool au volant au Canada. Des organismes tels qu’Arrive Alive (www.arrivealive.org / en anglais seulement) et Bière Canada (bierecanada.com) ont fait équipe avec la FRBR pour préparer et diffuser des ressources visant à sensibiliser le public sur le problème de l’alcool au volant au pays. La FRBR s’est également associée à Diageo North America pour mettre sur pied Coalition canadienne contre la conduite avec les facultés affaiblies (CCCFA), qui réunit 23 organisations ayant pris l’engagement de lutter contre la conduite avec facultés affaiblies (tirf.ca/projects/idcc). De plus, Transports Canada (www.tc.gc.ca/fr), et le Conseil canadien des administrateurs en transport motorisé (CCATM) (www.ccmta.ca/fr) ont joint leurs forces à la FRBR par le passé pour produire un éventail de publications et d’outils éducatifs en ligne.

Aux États-Unis, la NHTSA mène également des recherches depuis de nombreuses années sur le problème de l’alcool au volant. Ses publications sont disponibles au www.nhtsa.gov (en englais seulement).

Enfin, des campagnes de sensibilisation comme celles des mères contre l’alcool au volant (MADD) (www.madd.ca) et de Students Against Destructive Decisions (www.sadd.org / en anglais seulement) proposent des liens vers des documents éducatifs sur leurs sites Web.

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Drinking and Driving

Consequences of Drinking and Driving Program: Who's Driving Tonight
Agency: Texas Department of Transportation