Cerveau à bord

Votre cerveau est la caractéristique de sécurité la plus importante de votre véhicule.

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L’excès de vitesse

En ce bel après-midi de vendredi, vous empruntez l’itinéraire habituel pour rentrer du travail.

Après une semaine difficile, vous avez hâte de rejoindre vos amis pour vous détendre, mais vous avez pris un peu de retard. Vous empruntez une rue résidentielle à 60 km/h, alors que la vitesse est limitée à 40 km/h. Vous dépassez la limite de vitesse, mais la situation vous semble sans danger : vous connaissez le quartier comme votre poche. Soudain, à quelques pâtés de maisons de chez vous, un enfant traverse la rue en courant à la poursuite d’un ballon. Vous appuyez brusquement sur les freins, mais vous roulez trop vite pour vous arrêter. Vous donnez un coup de volant pour éviter la collision et vous percutez un panneau de signalisation. Le dessous de votre véhicule est endommagé, mais vous savez que la situation aurait pu être bien pire.

La FRBR a réalisé un sondage d’opinion publique sur les connaissances et le comportement des automobilistes canadiens à l’égard des dispositifs de sécurité des véhicules. Celui-ci a révélé un constat préoccupant : deux Canadiens sur trois étaient d’accord ou tout à fait d’accord pour dire que les améliorations apportées à la sécurité des véhicules réduisent la probabilité d’être impliqué dans une collision, ce qui, selon eux, leur permet de conduire plus vite (FRBR, 2012). Par ailleurs, une personne sur six (17,2 %) était d’accord ou tout à fait d’accord pour dire qu’elle roulerait à la limite de vitesse ou plus vite si son véhicule était doté de dispositifs de sécurité, même s’il pleuvait et qu’elle estimait qu’il pouvait être risqué de rouler à la limite de vitesse. Seulement une personne sur dix (11 %) était d’accord ou tout à fait d’accord pour dire qu’elle roulerait à la limite de vitesse ou plus rapidement malgré des conditions météorologiques risquées si son véhicule n’était pas doté de dispositifs de sécurité modernes.

Ces résultats sont préoccupants, car les dispositifs de sécurité ne rendent pas la conduite à une vitesse excessive sécuritaire. En réalité, une vitesse excessive a l’effet inverse et compromet sérieusement l’efficacité de ces dispositifs.

Dans le Sondage sur la sécurité routière annuel de la Fondation de recherche sur les blessures de la route (FRBR), l’excès de vitesse est défini comme tout dépassement de la limite de vitesse autorisée, ou comme une conduite trop rapide par rapport aux conditions routières. Par vitesse excessive, on entend généralement un dépassement de la limite de vitesse affichée de 25 km/h à 50 km/h. Dans certaines provinces, l’excès de vitesse est défini comme le fait de dépasser la limite de vitesse indiquée.

Oui. Tout dépassement de la limite de vitesse autorisée augmente le risque de collision grave. De légères augmentations de la vitesse se traduisent par un accroissement important du risque. Par exemple, l’Insurance Institute for Highway Safety (IIHS) rapporte qu’une augmentation de 8 km/h de la limite de vitesse maximale entraîne une augmentation de 8 % du taux de décès sur les autoroutes et une hausse de 3 % du nombre de décès sur les autres routes (Farmer, 2019). Parallèlement, de légères réductions de la vitesse se traduisent par d’importantes réductions du risque de collision.

On a demandé à des répondants à un sondage canadien de classer les excès de vitesse dans l’une des trois catégories suivantes : technique, relative ou absolue. Un excès de vitesse technique était défini comme toute accélération qui amène le conducteur à dépasser la limite de vitesse. Un excès de vitesse relatif était défini comme mesuré selon plusieurs facteurs, comme l’état de la chaussée, les conditions météo et le comportement des autres conducteurs. Les répondants du sondage qui considéraient l’excès de vitesse en termes absolus l’ont défini comme étant un dépassement de la limite de vitesse par un nombre précis, p. ex. 20 km/h au-delà de la limite de vitesse. Ces trois façons d’envisager l’excès de vitesse peuvent occulter le fait que tout dépassement de la limite de vitesse n’en reste pas moins un excès de vitesse. Les Canadiens étaient plus enclins à décrire leurs propres excès de vitesse comme un « excès de vitesse technique », tandis que l’excès de vitesse des autres conducteurs était décrit en des termes plus dangereux (Transports Canada, 2007).

 

Les collisions qui surviennent sur les routes canadiennes sont souvent la conséquence d’une vitesse excessive. Chaque année, plus de 400 Canadiens perdent la vie dans des collisions dont le principal facteur est la vitesse (FRBR, 2020). Au Canada, la vitesse est responsable de 18 % des collisions entraînant des blessures graves ou des décès. Dans l’ensemble, on estime que la vitesse contribue à plus d’une collision mortelle sur quatre (FRBR, 2024).

La vitesse n’a pas seulement une incidence sur le risque de collision ; elle est aussi directement corrélée à la gravité de la collision. Plus la vitesse d’un véhicule augmente, plus la quantité totale d’énergie cinétique est élevée, ce qui a pour effet d’accroître le risque de blessure grave en cas de collision. De plus, des vitesses plus élevées augmentent la probabilité que les seuils de sécurité du véhicule et des dispositifs de sécurité soient dépassés en cas de collision, ce qui réduit la protection offerte aux occupants du véhicule.

Oui. Les Canadiens semblent conscients des dangers que présentent les excès de vitesse. Lorsqu’on leur demande leur avis sur l’excès de vitesse et la sécurité routière, 68 % des Canadiens interrogés déclarent que la vitesse excessive est un problème sérieux ou très sérieux (FRBR, 2007). Plus de la moitié des Canadiens interrogés (52 %) ont déclaré que les gens sont plus susceptibles de commettre un excès de vitesse aujourd’hui qu’il y a cinq ans, et 81 % ont déclaré que la vitesse excessive est susceptible de provoquer une collision. Ces attitudes par rapport à l’excès de vitesse sont conformes aux résultats de recherches étudiant la relation entre les excès de vitesse et les risques de collision.

Un excès de vitesse est en tout temps illégal et passible de sanctions. La gravité de la sanction augmente proportionnellement à l’importance du dépassement de la limite de vitesse autorisée. En Ontario, les sanctions prévues pour les excès de vitesse comprennent une combinaison de points d’inaptitude, d’amendes, de hausses des polices d’assurance et vont jusqu’à la suspension du permis de conduire. De récentes campagnes de lutte contre les courses de rue et les manoeuvres périlleuses ont débouché sur une nouvelle catégorie de sanctions pour les infractions les plus graves. Les conducteurs qui participent à des courses de rue s’exposent, en cas de condamnation, à six points d’inaptitude, à des amendes pouvant atteindre 10 000 $, à la mise en fourrière immédiate du véhicule, à la suspension du permis de conduire, à une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à six mois, ainsi qu’à l’obligation de suivre un cours d’amélioration de la conduite. Cependant, tout conducteur pris en flagrant délit d’excès de vitesse est passible de sanctions. Par exemple, en Ontario, conduire à 20 km/h au-delà de la limite de vitesse – un excès de vitesse considéré comme relativement faible selon les définitions absolues de l’excès de vitesse – est sanctionné par trois points d’inaptitude, une amende de 90 $ et, dans la plupart des cas, une hausse des primes d’assurance pendant plusieurs années.

Bien que les Canadiens semblent conscients que l’excès de vitesse est à la fois illégal et dangereux, la plupart des usagers de la route constatent fréquemment que d’autres conducteurs dépassent la limite de vitesse. En effet, la quasi-totalité des conducteurs (91 %) ont déclaré avoir vu d’autres conducteurs en excès de vitesse (FRBR, 2023). Ce constat concorde avec les sondages antérieurs, qui indiquent que l’excès de vitesse demeure le comportement de conduite agressive le plus fréquemment observé (FRBR, 2007).

Le nombre de répondants au sondage qui admettent conduire à une vitesse excessive peut varier d’une étude à l’autre, selon la manière dont chaque répondant définit l’excès de vitesse. Par exemple, si une personne ne considère pas l’excès de vitesse « technique » comme un véritable excès de vitesse, elle sera moins susceptible de déclarer qu’elle commet souvent un excès de vitesse, même si c’est le cas. Parmi les répondants canadiens à l’ESRA 2023 (E-Survey of Road Users’ Attitudes), 60,1 % ont admis avoir dépassé la limite de vitesse sur les autoroutes ; 57,6 %, sur les routes à deux voies et les routes de campagne ; et 53 %, dans des quartiers résidentiels. De plus, 30,5 % ont admis rouler trop vite compte tenu des conditions au moment des faits, notamment une visibilité réduite, une circulation dense et la présence d’usagers vulnérables de la route (ESRA, 2024).

L’excès de vitesse n’est pas propre à aucun groupe démographique en particulier. Cependant, les personnes qui dépassent régulièrement la limite de vitesse autorisée partagent certaines caractéristiques :

  • Les personnes qui commettent fréquemment des excès de vitesse tendent à appartenir au groupe d’âge le plus jeune, soit 16 à 24 ans (FRBR, 2007).
  • Les personnes qui commettent fréquemment des excès de vitesse sont plus souvent des hommes (FRBR, 2007).
  • Les personnes qui commettent fréquemment des excès de vitesse parcourent plus de kilomètres par mois que ceux qui n’en commettent pas (FRBR, 2007)
  • Les personnes fréquemment en excès de vitesse sont persuadées de pouvoir conserver la maîtrise de leur véhicule : 32,3 % des Canadiens ayant admis rouler fréquemment trop vite se sont dits convaincus de pouvoir maîtriser leur véhicule malgré une vitesse excessive, et 44,7 % se sont dits très convaincus (FRBR, 2007).
  • Parmi les conducteurs qui roulaient en excès de vitesse, 895 200 ont indiqué avoir dû freiner ou donner un coup de volant pour éviter une collision au cours du dernier mois, souvent à plus d’une occasion (FRBR, 2007).
  • La plus forte proportion de conducteurs mortellement blessés impliqués dans des collisions liées à la vitesse concernait les conducteurs âgés de 16 à 19 ans (47,5 %), suivis de ceux de 20 à 24 ans (45,2 %) et de 25 à 34 ans (42,1 %) (Base de données nationale sur les décès de la FRBR, 2024).
  • Si 30 % de l’ensemble des conducteurs mortellement blessés avaient consommé de l’alcool au cours des cinq dernières années, près de la moitié (48 %) des conducteurs impliqués dans des collisions liées à la vitesse avaient consommé de l’alcool (FRBR, 2024).

Malgré l’ingénierie avancée intégrée à la conception et à la production des dispositifs de sécurité actuelles, la vitesse excessive peut avoir un effet négatif considérable sur leur performance. Une vitesse excessive réduit la capacité du conducteur à interagir correctement avec ceux-ci en réduisant le délai de réaction aux dangers de la route.

Ces dispositifs de sécurité dépendent fortement de la capacité du conducteur à diriger le véhicule et à freiner correctement avant et pendant leur activation. Plus la vitesse est élevée, moins il est probable de pouvoir freiner et manoeuvrer le véhicule en toute sécurité, même s’il est équipé de dispositifs de sécurité avancés. À 50 km/h, repérer un danger deux secondes avant une collision donne juste assez de temps pour freiner et activer l’assistance au freinage d’urgence, ce qui aide à éviter l’impact. Mais à 65 km/h, la collision est inévitable (NHTSA, 2007). Le bon fonctionnement des dispositifs de sécurité dépend en grande partie du conducteur. L’excès de vitesse le rend beaucoup plus difficile, voire impossible dans certaines situations.

En plus de rendre plus difficile l’utilisation adéquate des dispositifs de sécurité, une vitesse excessive peut empêcher ces dispositifs de fonctionner au niveau de performance pour lequel ils ont été conçus. En effet, les technologies de sécurité présentent des limites de conception et de fonctionnement qui peuvent être dépassées lorsque certains seuils de vitesse sont franchis. Par exemple, l’assistance au freinage d’urgence, l’ABS et le répartiteur électronique de force de freinage peuvent aider à freiner de façon plus sécuritaire. Toutefois, si vous roulez à une vitesse excessive, il pourrait s’avérer presque impossible de freiner en toute sécurité si un danger inattendu se dresse sur votre chemin. Dans un tel cas, même si la technologie de freinage fonctionne comme prévu, la situation aura probablement un dénouement fâcheux. De la même manière, les dispositifs de sécurité comme le contrôle électronique de la stabilité – l’un des nouveaux systèmes de sécurité les plus prometteurs – peuvent se révéler inefficaces pour stabiliser un véhicule circulant à une vitesse excessive, ce qui peut le contraindre de dévier brusquement de sa trajectoire. Aucun dispositif de sécurité ne protège des conséquences négatives de la vitesse.

Enfin, l’excès de vitesse peut facilement être le facteur déterminant d’une grave collision lorsqu’il est combiné avec d’autres problèmes de sécurité automobile, comme un mauvais entretien du véhicule. Par exemple, la performance de votre système ABS dépend en partie de l’état de vos freins et de vos pneus. Des freins et des pneus usés l’empêcheront de fonctionner comme prévu.

Si vous roulez à une vitesse sécuritaire, le système peut encore offrir une aide limitée, malgré l’état médiocre des pneus et des freins. Toutefois, la combinaison d’un excès de vitesse et d’un entretien inadéquat des composantes du véhicule accroît fortement le risque d’être impliqué dans une collision qui aurait autrement pu être évitée grâce aux technologies de sécurité du véhicule.

Chaque année, la FRBR publie le Sondage sur la sécurité routière, qui a pour but de connaître l’opinion publique sur un éventail de questions relatives à la sécurité routière. En 2021, la FRBR a publié un Sondage sur la sécurité routière comprenant une section sur la vitesse excessive. Une grande partie des faits, des statistiques et des recherches présentés ici provient de ce sondage. Vous pouvez consulter ce sondage, les rapports antérieurs et d’autres publications de la FRBR sur ce site Web au frbr.ca.

Par ailleurs, Transports Canada a mené des recherches exhaustives sur les comportements des automobilistes canadiens quant à la vitesse excessive et aux mesures à envisager pour lutter contre cela. Une étude qualitative et quantitative sur les comportements des conducteurs par rapport à l’excès de vitesse et à la gestion de la vitesse a été menée par Transports Canada en 2007 ; les faits et chiffres tirés de ce rapport ont été utilisés pour le présent document. Vous pouvez consulter cette étude ainsi que d’autres publications de Transports Canada sur la vitesse et la sécurité routière en visitant son site Web à l’adresse tc.canada.ca/fr.

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Courtesy of NHTSA